Les prestations écrites

Actualité

 

Formation à la qualité des écrits

Hisoire d'une rencontre intergénérationnelle

Séjour Récit de Vie en Baie de Somme

Récit de vie "Plan de Vol" (extrait)

Rencontre avec les mots et les maux en maison de retraite

Conseil en écriture et conciliation

Le très chouette cadeau de Tonton


 

Formation à la qualité des écrits

Par Nadia CARBONI – Conseil en écriture et écrivaine publique Écrivains consult® Nanterre

 

Notre métier d’Ecrivain Public et de Conseil en communication écrite nous amène à travailler dans des secteurs très diversifiés. Outre le fait d’écrire pour et à la place des particuliers, animer des ateliers d’écriture, rédiger des récits de vie, des CV et des lettres de motivation, notre expertise de l’écrit est de plus en plus sollicitée par les entreprises.

J’ai ainsi été contactée par la société GDF SUEZ pour animer deux ateliers de deux heures regroupant une cinquantaine de participants dans le cadre du séminaire « Rencontres de la professionnalisation » de la délégation Clientèle Nord au château de Maffliers.

Le thème de mon intervention ? La « qualité des écrits ». Vaste sujet…

Le chef de pôle professionnalisation souhaitait que j’entreprenne une approche de l’orthographe et de la grammaire différente de celle en vigueur dans notre système scolaire.

Son objectif était de sensibiliser, sous une forme ludique, les chargés de formation à la qualité des écrits, afin qu’ils répercutent cette exigence de qualité sur les conseillers clientèle de GDF SUEZ en prise directe avec les clients.

Avec pour seul et même objectif !

La valorisation de l’image de l’entreprise par des courriers et des écrits de qualité et l’amélioration de la communication en direction de la clientèle.

Face à la diversité des écrits professionnels, notamment des courriers, comment obtenir des écrits de qualité efficaces ? L’entreprise est souvent confrontée à un problème de communication. Une mauvaise compréhension de la part du client ou une interprétation erronée de la part du conseiller peuvent générer une série de courriers chronophages.

Comment y remédier ?

On écrit tout d’abord pour être compris de son destinataire. Il convient donc d’apprendre à hiérarchiser ses idées, employer des mots clés pour faire passer son message, et surtout utiliser un langage accessible à chacun. Des phrases courtes, rythmées, employant des verbes d’action, évitant les mots toxiques, voilà la clé d’un courrier efficace atteignant son objectif. Et toujours se demander : ai-je atteint mon objectif dans ce courrier et répondu clairement aux attentes de mon client ?

Nicolas Boileau ne disait-il pas ?

« Ce qui se conçoit bien s’énonce clairement et les mots pour le dire arrivent aisément… Avant donc que d’écrire, apprenez à penser. »

Ma double mission, lors de cette formation, consistait donc à générer une prise de conscience des difficultés de la langue française et à y apporter des solutions.

L’expérience acquise en animation d’atelier d’écriture m’a permis d’interpeller les participants avec des jeux d’écriture mettant le doigt sur les pièges de la langue française, tout en informant sérieusement. Nous avons joué avec les homophones, les homonymes, le participe passé à la méthode Wilmet1, le genre des mots, les règles d’orthographe, de conjugaison, la ponctuation, les accents, les mots clés avec une proposition d’écriture, « le passage obligé2 », qui a engendré une certaine bonne humeur dans les deux groupes…

Il est évident qu’une approche de deux heures ne suffit pas à résoudre tous les problèmes de la langue française mais elle a permis d’y sensibiliser les participants et les a incités à la vigilance. J’ai d’ailleurs proposé, à la fin de mon intervention, quelques outils livresques3 à conserver sur le bureau et à consulter sans modération !

 

La ponctuation dans tous ses états !

Un homme riche était au plus mal. Il écrivit ses dernières volontés.

Je laisse mes biens à ma soeur non à mon neveu jamais sera payé le compte du tailleur rien aux pauvres

Mais l’homme mourut avant de pouvoir ponctuer son billet. A qui laissait-il sa fortune ?

Son neveu prit le billet et le ponctua en sa faveur :

« Je laisse mes biens à ma soeur ? Non ! A mon neveu. Jamais sera payé le compte du tailleur.

Rien aux pauvres. »

Sa soeur lui reprit le billet, mécontente, et le ponctua à son avantage :

« Je laisse mes biens à ma soeur. Non à mon neveu. Jamais sera payé le compte du tailleur.

Rien aux pauvres. »

Le tailleur, en désaccord, demanda qu’on lui remit le billet original et ponctua ainsi :

« Je laisse mes biens à ma soeur ? Non ! A mon neveu ? Jamais ! Sera payé le compte du tailleur. Rien aux pauvres. »

Mais les gueux n’apprécièrent pas et ponctuèrent le billet à leur profit :

« Je laisse mes biens à ma soeur ? Non ! A mon neveu ? Jamais ! Sera payé le compte du tailleur ? Rien ! Aux pauvres. »

Après cette lecture, avez-vous changé d’avis sur l’importance de la ponctuation ?

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1 Le participe passé autrement de Marc Wilmet

2 Le passage obligé consiste à construire un récit cohérent en utilisant une dizaine de mots imposés sans rapport les uns avec les autres tout en respectant la place de ces mots imposés dans le texte

3 Dictionnaire des difficultés de la langue française – A.V. Thomas

   Dictionnaire des synonymes, Larousse référence

   Lexique des règles typographiques, Imprimerie Nationale

   Le français est un jeu et le mot juste - Pierre Jaskarzec. Éd. Librio

   Le français dans tous les sens, H. Walter, poche (LGF) n° 14001

   Trouver le mot juste, P. Rouaix, Poche pratique (LGF) n° 7939…

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Des contes et des marionnettes, histoire d’une rencontre intergénérationnelle en maison de retraite

Par Nadia CARBONI – Conseil en écriture et écrivaine publique Écrivains consult® Nanterre

 

L’histoire commence à la Maison de Retraite Protestante de Nanterre. Au cours de mon atelier d’écriture, j’ai proposé aux résident(e)s d’écrire un livre de contes. L’idée a séduit immédiatement.

- Des contes comme quand nous étions enfants ? Et c’est nous qui allons les écrire avec vous ?

- Oui. Qu’en pensez-vous ?

- J’aimerais bien un conte sur les chats, et moi sur le désert et moi sur les fraises, et moi sur la danse et moi…

La liste était longue. Nous avions suffisamment de sujets pour éditer un vrai livre. Au travail !

L’âge des résident(e)s ayant participé à l’écriture des contes s’échelonne de 90 à 96 ans. Chaque conte nous a demandé de 5 à 6 semaines de travail.

Au début, bien sûr, comme à chaque nouvel atelier, les résident(e)s ont émis des doutes sur leur capacité à trouver des idées, à suivre un fil rouge… Pour les mettre en confiance, créer une osmose avec l’univers onirique des contes, j’ai commencé chaque séance de travail par la lecture d’un conte.  J’ai souvent vu briller de petites étoiles dans leurs yeux redevenus, l’espace du récit, ceux d’un enfant.

Leur imagination n’a pas tardé à exploser et les idées à fuser de toutes parts. Trois contes sont d’ores et déjà écrits : Le chat noir, le vaisseau du désert, et la famille Fraizier. D’autres suivront cet été. Nos contes sont beaux et différents - ce sont nos jeunes lecteurs qui nous l’ont dit - il aurait été dommage qu’aucune image ne vienne les égayer.

L’idée a lentement mûri. Pourquoi ne pas inviter  une classe d’élèves à illustrer nos contes ?

J’ai demandé à une institutrice d’une école de Maisons Lafitte si ce projet d’échange intergénérationnel l’intéressait. Sa classe s’est portée volontaire.

Les enfants de CM1 ont lu puis illustré nos deux premiers contes, le chat noir etle vaisseau du désert. Ils vont poursuivre leur travail d’illustration jusqu’aux grandes vacances.

En échange du don de nos contes, l’institutrice et les enfants souhaitaient offrir aux résidents de la maison de retraite où j’interviens, une pièce pour marionnettes écrite par eux. L’accord du directeur de l’école et de la directrice de la maison de retraite obtenu, nous avons monté le projet.

Les 23 enfants sont venus à la maison de retraite le lundi 27 juin en bus, par une chaleur torride. Après s’être rafraîchis, ils ont joué devant les résident(e)s avec tout leur cœur et leur énergie. A peine impressionnés par le public…

Le titre de leur histoire était alléchant : Gwendoline a disparu… Cette histoire de bonbon maléfique qui transforme les enfants en marionnettes a beaucoup plu aux résident(e)s, mais je crois que leur plus grand plaisir a été de partager un goûter convivial avec les enfants. Au menu : gâteau au chocolat décoré de Smarties par le pâtissier de la maison de retraite et jus de fruits.

Les enfants ont expliqué comment ils avaient construit leur propre histoire, puis ils ont offert aux résident(e)s les dessins qu’ils venaient de réaliser pour les contes. Echanges et compliments de part et d’autre, sourires, gestes d’une immense douceur, bonne humeur et remarques à foison :

- Ils sont tellement mignons et gentils, - quel plaisir de rencontrer les enfants, - c’est la vie qui entre ici, - ça fait beaucoup de bien d’entendre des rires d’enfant…

L’année prochaine, notre atelier d’écriture sera centré sur ces rencontres intergénérationnelles, des temps d’écriture où jeunes élèves et résident(e)s de la maison de retraite parleront et écriront ensemble sur un même sujet.

Les mots des enfants ont permis aux résidents d’oublier leurs maux, le temps d’une belle après-midi. Donner, offrir, tendre une main, créer un lien, l’écriture permet tout cela et plus encore…

Nadia Carboni

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Séjour Récit de Vie en Baie de Somme

Une expérience unique à s'offrir ou à offrir

Sjour rcit de vie

Notre agence Écrivains consult® LE CROTOY vous propose une formule originale pour réaliser votre récit de vie, couplant un séjour en chambres d’hôtes Les Abris-Côtiers en Baie de Somme et le recueil de votre témoignage par la propriétaire des lieux, Sandra Bordji, écrivain public – conseil en écriture Écrivains consult®. Le cadre naturel préservé de la Baie de Somme est un lieu idéal pour voyager au cœur de votre mémoire. 

Qu’il s’agisse d’une tranche de vie ou d’un récit complet, la formule séjour sera adaptée à votre projet d’écriture, pour aboutir à la réalisation d’un ouvrage destiné à partager votre histoire avec vos proches. Un témoignage à deux voix est également envisageable, idéal si vous souhaitez, en couple,  raconter votre rencontre, votre histoire commune, votre famille, etc.

N’hésitez-pas à contacter Sandra pour discuter, sans aucun engagement, de votre éventuel projet. Elle trouvera sans aucun doute la formule qui vous conviendra le mieux. Ses coordonnées sont ici. Les Abris Côtiers, c’est ici.

Sjour Rcit de Vie en Baie de Somme

 

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Récit de vie « Plan de Vol » (extrait)

Denis Henocque, aujourd’hui âgé de 84 ans, souhaitait écrire « le livre de sa vie », pour transmettre son histoire à ses petits-enfants, mais aussi à ses amis. Entré chez Air France en tant que radionavigant en 1951, il y terminera sa carrière pleine d’aventures et de rencontres exceptionnelles  en 1986, avant de devenir consultant aéronautique pour le compte de l’Organisation internationale de l’aviation civile. Sandra Bordji, Ecrivains Consult® Le Crotoy, l’a aidé à réaliser son vieux rêve : l’ouvrage de 150 pages, intitulé Plan de Vol, a été édité à 75 exemplaires.

Extrait de Plan de Vol

(…) Quand je pénétrai pour la première fois dans l’avion en tant que radio navigant, je pris conscience, en regardant le siège de gauche, celui du pilote, que ça n’était pas suffisant. C’était là qu’il fallait que je sois… Mon premier travail consistait à participer à l’entraînement des pilotes, au Bourget et à Pontoise-Cormeilles. Ȧ l’aide de mon « gonio », je devais repérer le cap à suivre, le « QDM ». Le pilote virait à gauche, à droite, etc. en fonction de mes indications. Au signal zéro, l’avion était dans l’axe.

 

Mais, un problème de taille surgit : pendant la manœuvre, on se faisait secouer comme des malheureux, et moi, devant mes « boites à étincelles », j’étais malade comme un chien ! Depuis tout ce temps, je me préparais à entrer dans l’aviation, mais je n’avais jamais navigué. Et, après une heure de vol, à chaque fois, je vomissais, incapable de manipuler mes appareils. L’instructeur pilote était obligé de me débarquer… J’étais désespéré. Un jour, débarqué au bout d’une heure comme à l’accoutumée, je vois un grand gaillard, que dis-je, un colosse, au pied de l’avion. Apparemment, c’est moi qu’il attend : — « C’est toi, p’tit, qui es malade ? » — « Oui Monsieur ». C’était l’adjoint de Macaigne au siège. — « Tu déjeunes le matin ? » Bien sûr que je déjeunais : Édith et moi nous étions installés dans une belle villa appartenant à ses parents, au sud d’Orly, et, chaque matin, pour venir travailler, je prenais le train jusque Paris, le métro, puis le bus, pour arriver jusqu’au Bourget et monter dans mon avion. Alors, oui, je faisais le plein avant de quitter la maison. — « Eh bien, à partir de maintenant, tu ne déjeunes plus, tu ne prends rien. Et, quand tu arrives au Bourget, tu vas boire un blanc sec. T’entends bien, p’tit, tu commandes un blanc sec ! » — « … ? » Le lendemain, au café d’en face. J’entre : des camionneurs, des balèzes. Avec mon allure, ma veste, on ne peut pas dire que je me fonds dans le décor… — « Et toi, p’tit, tu veux un café ? ». — « Non, Madame, un blanc sec… ». Les balèzes, les camionneurs, se tournent vers moi, sceptiques. On me sert. J’avale mon blanc sec. Ça râpe. Bon, au point où j’en suis… — « Un deuxième, s’il vous plaît, Madame. » Je n’ai plus jamais été malade.

 

L’adjoint de Macaigne avait été radio sur les avisos, des petits navires de guerre qui assuraient les communications entre les différents navires et la terre ferme. Affecté sur l’île Fernando de Noronha, île-bagne au large du Brésil, il avait assisté à une révolte des bagnards. Son équipe et lui s’étaient mis à l’abri, barricadés, et communiquaient avec les forces brésiliennes pour organiser les renforts et mater la révolte… Le coup du blanc sec était un « remède » de marin. L’aviation de cette époque était faite d’hommes de cette trempe, des hommes aux carrières exceptionnelles, qui avaient navigué avec des légendes comme Mermoz, Guillaumet et bien d’autres. Quand, bien plus tard, je survolai pour la première fois avec mon B707 les montagnes de la Cordillère des Andes, dont l’Aconcagua, le « colosse de l’Amérique », culminant à près de 7 000 mètres, je pensai, ému et admiratif en scrutant ce relief époustouflant semblant avoir été taillé à la machette : « Ils sont passés là… Ils sont passés là, avec un monomoteur… » Le crash de Guillaumet, des jours et des jours de marche dans la cordillère, seul, sans équipement autre que son blouson d’aviateur… Et cette phrase, à son retour, sur le miracle de sa survie : « Ce que j’ai fait, aucune bête ne l’aurait fait… » Et Mermoz, rançonné par les Touaregs, délivré par Saint Ex… Je n’avais pas 25 ans que je partageais ma table avec des hommes de cette trempe-là. (…)

 

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Rencontre avec les mots et les maux en maison de retraite

Par Nadia CARBONI – Conseil en écriture et écrivaine publique Écrivains consult® Nanterre

Portrait d’une « aventurière » de l’écriture…

Eleonora, 90 ans, ancien professeur, est une toute petite dame recroquevillée dans sa chaise roulante. Elle m’attend tous les mardis matin à la Maison de Retraite. Elle ne manque jamais une séance, même si ces derniers temps, son corps « usé jusqu’à la corde la lâche ». Elle est sous assistance respiratoire. L’énorme bouteille d’oxygène s’avère impossible à déplacer avec la chaise roulante. Mais rien n’arrête Eleonora, elle tient par-dessus tout à mener une vie « normale » jusqu’au bout. Je demande donc aux soignants ce qu’il est possible de faire pour lui permettre de se joindre au groupe. Un infirmier très compréhensif propose une bouteille d’oxygène portative. 
Eleonora et moi descendons ainsi au petit salon. Des fauteuils, installés en rond autour d’une petite table, accueillent notre atelier d’écriture.
L’écriture, gardienne de la mémoire…
Le thème que j’ai choisi aujourd’hui porte sur la maison d’enfance et les souvenirs qui y sont liés, les personnages, les meubles qui l’ont peuplée…
Les résidents avouent leur crainte liée à la difficulté du souvenir… « C’est si loin tout cela… Je ne me rappelle plus ».
Pour les aider, j’ai collecté quelques textes d’auteurs parlant de leur maison d’enfance. Je les lis, puis chacun commente. Parler de l’écriture des autres est plus facile, moins personnel. Il faut bien cependant commencer l’atelier. Je demande qui veut prendre la parole en premier. Il y a toujours une personne qui se sent à l’aise avec la proposition d’écriture et qui se lance. C’est moi qui écris le plus souvent, car la plupart des résidents  souffrent d’un handicap physique, suites d’AVC, paralysie, mauvaise vue, surdité... Je suis leur main et m’astreins à retranscrire fidèlement leur parole. Il est vital qu’ils se retrouvent dans l’écrit qui sera ensuite produit.
 Les idées se bousculent, chacun y va de son souvenir personnel. Tout le monde rit à l’évocation du « bon vieux temps ». « Tiens, vous aussi, vous avez connu ça ? »
C’est l’un des buts de l’atelier d’écriture : accepter de livrer de son intimité pour apprendre à mieux se connaître et se respecter. Des amitiés se créent au fil du temps. Un sentiment d’identité et d’appartenance au groupe émerge qui renforce l’estime de soi.
Eleonora lève la main, elle souhaite parler à son tour. Le groupe interrompt sa conversation à bâtons rompus pour l’écouter.
Les mots qui guérissent les maux….
Eleonora parle de façon hachée, elle a du mal à respirer.
Malgré cela, elle raconte sa maison de Marseille, le quartier ouvrier où elle a grandi, l’entraide qu’elle y a connue, les parties de cache-cache avec ses amies dans les wagons de la gare Saint Charles qui était encore à l’époque une gare de marchandises… Elle parle à présent sans difficulté, elle a pour l’instant « oublié » sa maladie en se racontant ; et chacun connaissant son état de santé l’écoute sans l’interrompre. 
Midi sonne la fin de l’atelier et le repas. Je ramène Eleonora jusqu’à sa table, et l’installe confortablement, comme après chaque sa séance. Eleonora me prend la main :
« Merci pour aujourd’hui. J’ai passé un très bon moment. » Il y a de la lumière dans ses yeux, peut-être celle du soleil de sa Provence qu’elle aime tant. La semaine prochaine, je lui remettrai son texte dactylographié, comme à chaque    fois. Je glisse un petit mot amical à chacun avant de revenir à mon bureau où je vais remettre au propre leurs si précieux souvenirs.
La difficulté du départ…
Le mardi suivant, je m’apprête à aller chercher les résidents dans leur chambre lorsque l’animateur de la maison de retraite m’annonce qu’Eleonora s’est éteinte deux jours après le dernier atelier, dans la nuit.
L’émotion me submerge. C’est le premier décès auquel je me trouve confrontée. La psychologue m’accompagne, m’explique que la vie continue pour les autres. Je dispose d’un quart d’heure pour me reprendre. A 11 heures, j’arrive au petit salon où le groupe m’attend. Je leur souris, ils me demandent tous :
« Alors, qu’allons-nous écrire aujourd’hui ? »
« Que pensez-vous d’écrire une nouvelle dédiée à Eleonora, notre amie qui vient malheureusement de nous quitter ? »
Ce petit signe est important pour le groupe, car sans tomber dans le mélodramatique, je montre à chacun qu’il est unique et que son absence se ressent.
"Oui, c’est une très bonne idée. Alors, comment fait-on pour écrire une nouvelle? »
Et moi, d’expliquer la technique, d’articuler les idées qui fusent bientôt les unes après les autres. Le groupe choisit le titre : ce sera « l’échappée belle ». Eh oui, ils rêvent de quelques jours de totale liberté pour faire ce que bon leur semble… sans contraintes… Pourquoi pas ? Je leur emboîte aussitôt le pas. 
L’atelier démarre dans la bonne humeur et les rires… Eh oui, malgré les départs, la vie continue…et je veille, par l’écriture, à ce qu’ils puissent s’évader de la dure réalité de la maladie.

Nadia Carboni 

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Conseil en écriture et conciliation
 
Les acteurs de la Justice sont parfois inutilement sollicités pour des différends entre voisins, salariés et employeurs, clients et professionnels, etc., alors qu’une tentative de règlement amiable, effectuée à temps entre les seules parties, aurait pu permettre d’éviter une procédure.
Il s’agit d’un premier niveau de recherche de conciliation, formalisée par un courrier, dont l’objectif est d’obtenir, en mobilisant la bonne volonté de chacun, un accord, la reconnaissance ou l’application d’une prérogative, le terme d’une nuisance…
Voici quelques exemples :
  • problèmes de voisinage (nuisances, droit de passage, mur mitoyen),
  • différends entre propriétaires et locataires ou locataires entre eux,
  • litiges de la consommation, malfaçons de travaux,
  • créances impayées,
  • différend avec une administration…
Dans tous les cas, à condition d’être bien fait, cet écrit sera favorable à son expéditeur si ce dernier doit malgré tout porter l’affaire devant la juridiction compétente.
 
Il n’y a aucune ambiguïté sur l’activité du conseil en écriture quant à l’exercice du droit : le conseil en écriture n’a vocation ni à proposer une information ou un conseil juridique ou une stratégie juridique, ni à représenter son client. Sur ce point il ne se substitue en aucun cas aux auxiliaires de Justice compétents (avocats par exemple).
Mais par l’aide à la rédaction qu’il apporte à son client, le conseil en écriture est un acteur facilitant dont l'intervention est favorable au désengorgement des tribunaux.

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Le très chouette cadeau de Noël de Tonton

Par Lanto ONIRINA, Conseil en écriture/écrivaine publique Levallois-Perret

Assis en rang d’oignon sur le canapé, Lucas, Alexandre, Matthieu et Morgane sont impatients. Cette fois-ci, ils ne sont pas directement retournés dans leur chambre avec leurs nouveaux jouets. Ils veulent d’abord voir la tête de Tonton quand il va ouvrir ses cadeaux de Noël. Plus précisément le plus mince de la pile. Cela tombe bien, le premier paquet qu’il choisit est le bon. Il arrache le papier coloré. Un livre épais, de la taille d’une BD. Tonton est perplexe. Le titre indique « Il était une fois la vie ». La sienne ?! Oui, c’est bien son nom qui est inscrit sur la couverture. Il feuillette le livre.

Souvenirs.

Sous ses yeux défilent les photos. Et les anecdotes dévoilées dans des bulles. Tonton à la naissance. Tonton avec Papy et Mamy. Tonton qui fait sage sur les portraits d’école. Ou encore Tonton en train de faire des bêtises. Ses amis d’enfance ou d’université. Ses exploits. Ses manies. Ses chiens. Ses bulletins de notes. Sa vie, l’essentielle comme la légère, en 150 pages. À la fin, chacun de ses proches a noté un mot. Il ferme le livre sans rien dire. Aussitôt les neveux s’en emparent. Comment il était Tonton quand il était petit ? Mamie, il était sage ? C’est leur Papa ici à côté de Tonton ?

 

 

Tout a commencé quatre mois plus tôt lorsque sa compagne décide de lui offrir le récit de sa vie pour Noël. La biographe aide chacun à fouiller dans sa mémoire. Famille, amis, collègues. On répertorie en cachette les souvenirs, anecdotes, photographies. Près de six heures d’entretiens. Quelques 160 photographies et documents scannés. Des dizaines de messages échangés, pour préciser, détailler, ciseler. Avant la mise sous presse. Jusqu’à la pochette surprise posée sous le sapin. Et les yeux brillants de Tonton lorsqu’il en découvre le contenu.

Il le chuchotera plusieurs fois : « c’est vraiment un chouette cadeau ». Il l’explore encore. Sourit. Retrouve des moments oubliés. Explique. Qui a osé ! Éclate de rire. « Vraiment c’est un chouette cadeau ». Quelques larmes contenues. Et un bien beau moment de partage en famille.

Lanto Onirina

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